Coralie  

Thanouvong

Happy Laos | Tavers 

Bien plus qu'un restaurant asiatique, Happy Laos est le rêve de Coralie, le lien qui l'unit à sa famille, ses souvenirs d'enfance et désormais ses clients. 

La restauration, une passion née de souvenirs de famille

Quelle a été ta première vie professionnelle ?

J’ai d’abord travaillé pour une plateforme téléphonique avant de devenir assistante de direction et commerciale.

En parallèle, je développais déjà mon activité de traiteur à domicile et j’étais présente sur le marché de Meung-sur-Loire. Au bout de 2 ans j’ai mis cela de côté car ma vie familiale était compliquée à ce moment-là, mais l’idée est toujours restée.

En 2024, je suis en vacances à Londres avec ma famille et nous passons devant une grande enseigne où il est écrit “Happy” et ce jour-là, je me suis dit que moi aussi j’aurai mon “Happy”.

La même année, les choses se dégradent à mon travail, ce qui me donne l’impulsion pour écouter ma voix et faire ce que je veux vraiment.

Début 2025, j’ouvrais Happy Laos.

Comment est née ta passion ?

Ma maman a toujours aimé cuisiner. Que ce soit pour les anniversaires ou Noël, on n’avait pas beaucoup de cadeaux mais on avait toujours de quoi manger car maman a toujours privilégié les bons plats. C’est elle qui m’a transmis sa passion pour la cuisine et le partage.

Le problème, c’est qu’elle ne mesure rien quand elle cuisine ! J’ai appris en la regardant cuisiner et en pratiquant.

Qu’est-ce qui t’anime dans la restauration ?

J’ai toujours eu envie de partager mes plats, être au contact des gens. Même si c'est très dur physiquement, j’ai adoré faire le marché, pour voir les sourires des clients. On en profite pour échanger et même s’il y a des retours négatifs, je les prends volontiers pour m’améliorer.

Conseil d'entrepreneur : ne pas avoir peur des échecs 

Quel échec t’a marqué et quelle leçon en as-tu tiré ?

Il faut éviter de vouloir tout faire d’un coup. J’ai regretté d’avoir tout cumulé - salariat, traiteur à domicile, marché - et tout fait par moi-même, ce qui fait que je n’ai beaucoup vu ma fille, qui était encore petite à ce moment-là et qui avait besoin de moi.

Comment fais-tu pour ne pas baisser les bras ?

Je tiens grâce à ma famille et à mes clients qui donnent du sens à mon travail.

Après tout ce que mes parents ont vécu, je ne peux pas baisser les bras.

Mes clients m’aident aussi à garder le moral. Si je prépare un plat, je suis déjà heureuse parce que je sais que je satisferai une personne et que j’aurai partager un peu de l’histoire de ma mère.

Quel conseil pourrais-tu partager ?

Je dis souvent qu’il faut oser se lancer. On a le droit d’avoir plusieurs vies dans une vie.

En France, on n’a pas la culture de l’échec, contrairement aux États-Unis ou au Royaume-Uni.

Quel est ton rapport au risque et au changement ?

Je suis déterminée, je veux être courageuse et persévérante mais j’ai ce côté peureux, peur de prendre des risques. J’envie et je respecte ceux qui lâchent tout pour partir dans un autre pays.

Je dis souvent que les feux ne seront jamais tous au vert et qu’il faut se lancer, mais plus facile à dire qu’à faire, c’est pour ça que j’ai mis du temps à me lancer. Et puis je me suis confortée dans le salariat. Sans filet de sauvetage, dur de se lancer.

Là j’ai pris le risque mais c’était nécessaire psychologiquement. Aujourd’hui je me sens mieux, même si je gagne bien moins qu’avant. Sur le papier on pourrait me plaindre mais je me sens bien.

Qu’est-ce qui est le plus dur dans la vie d’une entrepreneure ?

Pour ma part, être seule m’a amené à prendre de mauvaises décisions. J’ai investi dans des choses dont j’aurais pu me passer au final, mais ça fait partie de l’apprentissage.
En tant que femme, j’ai l’impression que tu dois faire deux fois plus qu’un homme dont le champ des libertés est plus vaste que celui des femmes, qui ressentent davantage le poids de la vie de famille.

Quels sont tes futurs projets ?

Je souhaite évidemment pérenniser Happy Laos en faisant découvrir des plats simples et traditionnels de l’Asie du Sud-Est.
Ensuit je ferme et je fais le tour du monde !

Votre histoire mérite d'être racontée

Vous avez l'expérience et le savoir-faire mais vous manquez de mots pour les partager à leur juste valeur ?