Farnaz Montreuil

Farnaz Transformation | Orléans

Comment grandit-on dans un pays où toute forme de liberté est opprimée ?
Qu’emportons-nous dans notre bagage émotionnel lorsque nos premières années de vie sont façonnées par la guerre ? Farnaz revient sur les nombreuses périodes de transition qu'elle a traversées et qui l'ont aidée à trouver sa voie professionnelle.

Naître et grandir en Iran au lendemain de la révolution

Comme toutes les personnes de sa génération, Farnaz se considère comme « le rat de laboratoire » de cette période de transition où les lois iraniennes se voient réinterprétées d’après la Charia.

Loin d’être en faveur de la révolution islamique, ses parents lui apprennent à désapprendre les enseignements officiels. Malgré l’interdiction, ils lui louent des VHS Disney, tout en la mettant en garde de ne pas en parler le lendemain à l’école, sous peine d’emprisonnement.

« Petite, j’allais chez le coiffeur avec mon père. Ça nous faisait marrer parce qu’il ne savait pas que j’étais une petite fille et non un petit garçon, et mon père n’était pas du tout pro hijab. »

Le papa complice devient au fil des années un père autoritaire qui ne tolère aucun écart de sa fille, qui joue alors de son allure et de ses cheveux courts pour brouiller les lignes du genre et de leurs assignations, au point de faire tourner la tête de la moitié de son lycée qui est réservé aux filles.

« J’étais un « garçon manqué » car j’ai toujours eu envie de ne pas entrer dans les cases. J’avais juste envie d’être moi. Dans une société où les filles doivent être comme ça, je me demandais pourquoi les garçons étaient libres de sortir sans voile mais pas moi ? » »

L’autorité laisse place à la violence pour tenter de faire taire cette douce folie, cette explosion de vie qui ne demande qu’à s’exprimer mais qui, dans un régime autoritaire théocratique, peut lui coûter la vie.

Chacune de ses relations sont surveillées par son père, qui lui interdit de se rendre chez des amis sans avoir rencontré les familles au préalable.

Dans un climat de défiance généralisée, est-il possible de nouer des relations sincères ?

« Tu ne vas pas dans une relation les yeux fermés. Tu attends d’apprivoiser vraiment l’autre personne pour que tu ne te mettes pas en danger. C’est pour ça que mon père gardait une grande main sur nos relations en général. Après, tu vois facilement les personnes qui sont du côté du régime. »

Malgré les interdits, les inégalités, la fenêtre sur le monde extérieur offerte par la parabole et les premiers ordinateurs, Farnaz n’a jamais eu envie d’ailleurs, jusqu’à ses 26 ans quand elle rencontre son futur mari.

« J’étais bien chez moi, j’avais plein d’amis et j’étais assez fière de ce que je pouvais faire malgré tous les freins. »

L’une de ses plus grandes fiertés reste sans doute la réussite du concours pour intégrer l’université de Téhéran.

Durant son stage, elle rencontre Olivier, venu de Paris pour étudier les insectes ravageurs dans les forêts et les pâturages d’Iran. Les deux chercheurs entretiennent une correspondance jusqu’à ce qu’Olivier revienne et propose à Farnaz de repartir en France avec lui afin de rencontrer sa famille.

Sauf que sa demande de visa est refusée et pour sortir du pays, le jeune couple doit alors officialiser sa relation. Adulte, ingénieure de 26 ans, Farnaz a dû obtenir une autorisation signée de son père pour pouvoir se marier et venir en France.

Déboussolée et déracinée, la peur de ne pas réussir à s’intégrer se transforme rapidement en moteur pour la réussite. Arrivée en France en mai 2006, elle se fixe comme objectif d’apprendre le français et de signer son premier contrat, pas un boulot alimentaire, d’ici un an.

Apprivoiser les périodes de transition

C’est grâce à son beau-père, professeur de mathématiques à la retraite et anglophone, que Farnaz apprend le français après 130 h de cours, alors qu’on lui avait préconisé 500 h.

« Je ne voulais pas apprendre que la langue, je voulais comprendre toutes les subtilités, la culture, les références et c’est ça le plus dur et le plus long.»

Marquée par le divorce de ses parents qui laisse sa mère sans aucune ressource financière, portée par le besoin d’être aussi libre qu’un homme, Farnaz poursuit sa carrière en prenant soin de cocher toutes les cases de la réussite sociale. D’abord inspectrice phytosanitaire, elle ferme les portes du entreprise délégataire du Ministère de l’Agriculture 8 ans après son arrivée avec la double casquette de cheffe de pôle d’inspection et responsable qualité.

Rapidement, elle obtient un poste à Paris dans la filière laitière bien qu’elle n’ait aucune compétences techniques dans ce domaine. 9 mois plus tard, elle est nommée à la direction du service dans lequel elle est arrivée.

« Même si sur le papier tous les feux étaient au vert, au fond de moi, une petite voix disait que c’était trop. »

4h de trajet quotidien pour rejoindre les bureaux parisiens. Une équipe de 6 personnes. 14 laboratoires répartis sur toute la France. Une petite fille de 8 ans qui l’attend à la maison et qu’elle voit seulement 1h le soir.

« Je me suis dit : là, tu as fait une connerie. Mais j’étais tellement fatiguée en rentrant à la maison que je n’avais pas la force de chercher autre chose et j’avais perdu tout discernement. »

En mai 2023, une nouvelle vient bousculer Farnaz et lui donner à repenser l'ensemble de sa vie.

Une visite chez le dermatologue suivie d'une biopsie confirme le verdict : cancer du système immunitaire. Une maladie rare, qui touche 0,04% de la population mondiale et qui, dans son cas, se traite par un traitement chimio sous forme de cachet qu’elle prendra toute sa vie.

« Mon corps fabrique des lymphocytes anormaux qui se cumulent sous la peau et s’attaquent à mon propre système. C’est ça une maladie auto-immune : ton propre système se rebelle contre toi. Je les appelle les lymphocytes débiles ! »

Ce cancer, elle le voit comme un signal d’alarme de son corps : puisque tu ne prends pas soin de moi, je te lâche.

Pendant un an, La lecture comble ses journées. Elle lit tout ce qu’elle peut sur l’être humain, son comportement, le fonctionnement du cerveau en espérant pouvoir comprendre son propre mécanisme.

Comme un feu nécessaire à la restauration de certains écosystèmes, celui de Farnaz est aujourd’hui entièrement tourné vers les autres à travers son métier de coach professionnelle en permettant d’aborder chaque transition de vie, qu’elle soit professionnelle ou personnelle, comme une chance de s’élever et non de sombrer.

Informations Pratiques

Farnaz Montreuil | Coach professionnelle | Orléans & en visio

07 49 83 78 86

contac@farnaz-transformation.fr

hhttps://www.farnaz-transformation.fr

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